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Pratiquer
le Kaizen: une semaine de Total Immersion à Coral
Springs
de Christophe Douat
Jusqu’à mardi après-midi,
quand un des entraîneurs suggère que je
sois plus patient avec le bras de devant et que je
laisse
les mains se croiser devant la tête. Et miracle,
en quelques secondes, tout se met en place.
Johnny Weissmuller. Ian Thorpe. Alexandre Popov. Christophe
Douat. La quadrilogie ultime. Je plaisante. Je détestais
le crawl. Irrémédiablement. Autant que
les endives. Heureusement qu’en France, on apprend à nager
avec la brasse. Je pouvais au moins respirer. J’ai
passé 42 ans à éviter le crawl.
A tout prix. Il m’était impossible de
respirer avec ma tête dans l’eau.
Pendant
l’été 2005, au Canada,
où j’ai vécu plusieurs
années, un très bon ami commence à apprendre
le crawl, pour pouvoir participer à un
triathlon Ironman. Si lui y arrive, pourquoi
pas moi ? Je recherche sur google ‘freestyle
DVD’ et devinez où j’arrive… www.totalimmersion.net Je suis ingénieur et j’ai mon brevet
de pilote. Toute cette théorie hydrodynamique
de TI a donc du sens : si les avions volent
mieux quand ils sont plus aérodynamiques,
les hommes ne devraient-ils pas nager plus
efficacement avec une meilleure fluidité ?
Je commande le DVD
Freestyle Made Easy. Et
commence à pratiquer les exercices dans
les piscines parisiennes bondées. Les
autres nageurs me regardent d’un air
sceptique. Heureusement, je vais aux USA régulièrement
et je peux suivre un stage TI un week-end près
de Washington. Puis des cours de rappel à Calgary,
San Francisco, en Pennsylvanie et à New
Paltz. J’apprends à nager le crawl,
suffisamment bien pour arriver à faire
4 à 6 km par semaine et avec plaisir.
Quel bonheur de pouvoir faire des longueurs
avec moins de mouvements que 90% des autres
nageurs! Mais quelque chose ne colle toujours
pas. Pas stable. Pas sûr de la rotation
du corps, de la position des bras, de la tête.
Je me regarde en vidéo et je vois que
quelque chose ne va pas.
Octobre
2007. Je reçois par email une l’information
sur un stage ‘Kaizen’ à Coral
Springs en Floride. Kaizen, le terme japonais pour
amélioration continue. Je commence à en
rêver. J’arrive à synchroniser
ce stage avec un voyage d’affaires et je
m’inscris. Décembre arrive et me voilà,
en train de nager sous les palmiers dans les piscines
découvertes du centre aquatique de Coral
Springs avec une vingtaine d’autres fans
venus du monde entier.
C’est une des plus belles semaines de ma
vie… soleil… natation…dehors… quatre à cinq
heures d’instruction personnalisée
par jour. Mais le début est difficile. J’ai
l’impression de tout reprendre à zéro.
Sans doute parce que cela fait trop longtemps que
je donne trop de rotation au corps en nageant,
ce qui le rend instable et fait perdre de la puissance.
Terry, le fondateur de TI, m’explique que
les méthodes TI ont évolué et
se focalisent d’avantage sur la stabilité latérale.
J’essaie vainement de me débarrasser
de cette mauvaise habitude jusqu’au moment
où Terry finit par me conseiller d’arrêter
complètement la rotation. Je le fais et
miracle, un peu de rotation se fait naturellement,
juste ce qu’il faut, sans que je m’en
aperçoive. Puis nous faisons des exercices
sur chaque partie du mouvement : retour des bras,
entrée de la main dans l’eau, son
ancrage, battements des pieds à 2 temps
etc…
Mais mettre tous les morceaux du puzzle ensemble
s’avère difficile, et avec ma personnalité de
type A, je suis frustré. Jusqu’à mardi
après-midi quand un des entraîneurs
suggère que je sois plus patient avec le
bras de devant et que je laisse les mains se croiser
devant la tête. Et miracle, en quelques secondes
tout se met en place. Des instructeurs me félicitent
spontanément! Moi ! Sensation étonnante:
nage sans effort, silencieuse, fluide, comme si
je pouvais continuer sans jamais m’arrêter.
En cinq jours, Terry et ses instructeurs ont réussi à transformer
mon crawl en l’améliorant spectaculairement,
mais aussi ma brasse, mon dos, et ont même
réussi à m’apprendre un papillon
prometteur. Sur le week-end de la fin de semaine,
j’ai participé à ma première
course de masters avec une douzaine de camarades.
J’ai nagé 6 épreuves et fini
chacune avec de l’énergie à revendre.
J’ai même nagé 50 mètres
de trop dans le 200 mètres brasse, tellement
concentré sur mon geste que j’en ai
oublié de compter les longueurs !
Tous les instructeurs ont été étonnamment
dévoués et attentifs. Et la combinaison
des outils de formation que nous avons reçus
et ainsi que l’enthousiasme de Terry et des
instructeurs pour améliorer continuellement
leur technique ont aussi fait de moi un fan de
la natation Kaizen.
Christophe Douat, P.Eng., MS, MBA is a venture
capitalist who lives and swims in Paris.
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